A propos de "Les liaisons dangereuses", de Stefan Frears, proposé et présenté à la Cinémathèque le 7 décembre 2009 par les élèves en section Cinéma et Audiovisuel du lycée Balzac de Tours.
LE JEU DRAMATIQUE
I. Un dramatique théâtrale
Dans le film, le jeu des acteurs est très souvent théâtral. Cela peut s'expliquer par le fait que pour Stephen Fears, il était essentiel que la plupart des acteurs aient une formation théâtrale. Pour lui, ils seraient plus à l'aise avec les dialogues écrits par le dramaturge Christopher Hampton.
De plus Frears voulait des acteurs américains car selon lui « le film parle de gens en prise avec leur sentiments-ou les ignorants-et les acteurs américains jouent à merveille les sentiments, surtout en gros plan ». Glenn close (la marquise de Merteuil) John Malkovich (le vicomte de Valmont), swoosie Kurtz (Mme de Volanges), Keanu Reeves (Danceny), Uma Thurman (Cécile de Volanges) et Mildred Natwich (Madame de Rosemonde) avaient tous une expérience théâtrale, la seule à faire exception était Michelle Pfeiffer car pour Fears « le personnage de Madame de Tourvel, vient d'une classe sociale différente, plus bourgeoise, qu'aristocrate»
Frears a choisi des acteurs plus âgées que les personnages du roman. Par cette différence d'âge, Frears souligne, l'expérience que les libertins ont par rapport à leurs victimes.
Le jeu des acteurs repose sur deux registres propres au théâtre, un plutôt comique et l'autre plutôt tragique. Malkovich par un jeu qui repose entièrement sur la mobilité de son corps, il a une liberté de mouvement (il s'affale sur les fauteuils, croise les jambes comme par exemple au début du film, lorsque Merteuil lui explique son plan de vengeance), il passe d'une situation à une autre avec beaucoup d'aisance et il est capable de détourner l'attention des autres (épisode de la clef). Au contraire Merteuil contient ses émotions et minimise ses actions et ses déplacements.
John Malkovich, par son jeu rapproche Valmont d'un serpent qui ondule avec élégance, encercle ses victimes avant de les piquer (épisode dans la chambre de Tourvel juste avant son malaise) avec deux caractéristiques propre au serpent, un jeu avec la langue (ex: scène de repas après le viole de Cécile) et le sifflement (Valmont siffle Volanges) Mais également d'un prédateur, parti sans le moindre effort (ex: séquence d'ouverture), qui attend et observe sa victime avant de l'attaquer (ex: la manière dont est séduite Tourvel). De plus l'acteur a un visage assez félin, avec quelque chose de venimeux, de dangereux. Un registre comique par un constant badinage entre Merteuil et Valmont (des dialogues à double sens (ex: épisode de la comtesse de Beauregard et ses jardiniers), mais également avec la jeune et naïve Cécile qui poursuit son éducation. Une Cécile de
Volanges tournée en ridicule, tout comme sa mère qui joue de manière persistante, la femme effrontée et coincée, bien respectueuse des anciennes valeurs d'une aristocratie d'épée décadente. Et aussi par la relation de Valmont avec son valet Azolan, semblable à celle de Don Juan et son valet, un valet qui couvre son maitre, qui lui est dévoué, mais qui ne cautionne pas tout ce qu'il fait.
Le registre tragique est exprimé par la violence de la dispute entre Valmont et Merteuil, un des seuls moments où tout deux perdent "leur sang froid, par dispute qui précipite fatalement le film ver sa fin ; par la violence de la rupture avec Tourvel ; par un duel entre Danceny et Valmont très théâtrale, où tous deux gardent dignités et noblesse, où Valmont décide de mourir par amour comme vaincu par la fatalité contraire au libertin.
Zoé Cailler